Tunnel de vente : la définition en 40 mots
Un tunnel de vente, c'est le chemin que parcourt un inconnu pour devenir client, découpé en étapes mesurables. On l'appelle aussi tunnel de conversion ou funnel de vente. L'intérêt du concept n'est pas le vocabulaire : c'est de savoir exactement à quelle étape vous perdez des gens, et combien. Sans mesure, pas de diagnostic. Sans diagnostic, pas d'amélioration.
La suite de cet article pose le schéma minimal dont une TPE a réellement besoin. Quatre étapes, pas une de plus.
À quoi ressemble un tunnel de vente quand on est une TPE ?
Les blogs marketing adorent dessiner des tunnels à 7, 9 ou 12 étages, truffés d'acronymes : MQL, SQL, scoring de maturité, lead nurturing. Pour une TPE de 1 à 50 salariés, quatre étapes suffisent : le contact, l'échange, la proposition, le client. Pas besoin de plus. On va les illustrer avec un exemple concret, étape par étape.
Prenons un cabinet de conseil RH de cinq personnes qui cherche des clients parmi les PME industrielles. Cet exemple va servir de fil rouge pour chaque étape du tunnel.
Contact
Le prospect sait que vous existez. Il a reçu un email, vu un post ou croisé votre nom.
Échange
Il vous a répondu, décroché son téléphone ou accepté une visio. Un dialogue a eu lieu.
Proposition
Il a un devis ou une offre en main. Il réfléchit, compare, consulte en interne.
Client
Il a signé. La mission démarre. Le tunnel est terminé pour ce prospect.
Voici ce que ça donne en chiffres pour notre cabinet RH. Il contacte 200 dirigeants de PME industrielles par email. 40 répondent et échangent par email ou en visio : c'est un taux de 20 % entre contact et échange. 25 d'entre eux reçoivent une proposition chiffrée, soit 63 % des échanges qui débouchent sur un devis. Enfin, 5 signent un accompagnement, ce qui représente 20 % des propositions transformées en clients. Ce qui compte, ce n'est pas le volume d'entrée : c'est le taux entre chaque étape. On détaille les benchmarks de ces taux de transformation dans un article dédié.
Concrètement, à quoi sert ce tunnel ?
Un tunnel de vente sert à deux choses : diagnostiquer où vous perdez des clients, et prévoir combien de contacts il faut pour atteindre vos objectifs.
Diagnostiquer : trouver où ça coince
Reprenons l'exemple du cabinet RH. Premier cas : sur 200 contacts prospectés, seulement 30 acceptent un échange (15 % au lieu des 50 % attendus). Le problème ne vient pas de l'offre, il vient du message d'accroche ou du ciblage. Il faut retravailler ce qu'on dit, ou à qui on le dit. Deuxième cas : le cabinet envoie 25 propositions mais ne signe que 2 clients (8 % au lieu de 20-30 %). Cette fois, c'est le prix, la relance ou la valeur perçue qui posent problème. Sans les chiffres étape par étape, impossible de savoir où agir.
Prévoir : combien de contacts pour un client
Si vous connaissez vos taux, vous remontez le tunnel. Pour signer 5 clients, il faut environ 25 propositions, donc 40 échanges, donc 200 contacts. Objectif à 10 clients ? Doublez le haut du tunnel : 400 contacts. C'est arithmétique, mais sans les chiffres de chaque étape, c'est du doigt mouillé.